Un AnGe DaNs Le CiEl

Un AnGe DaNs Le CiEl
Chère Vivi, je t'écris cette lettre
Plein de solitude, l'âme en peine comme d'habitude
Depuis que t'es partie
Depuis que t'es plus là
C'est plus la même
J'ai perdu ma Reine
Et d'un coup mon royaume tout entier s'est vidé
Mon visage aussi s'est ridé, mon coeur lui s'est bridé
Un truc en moi ce matin-là s'est brisé
Et même si je réponds ça va merci
J'ai dans la bouche comme un mauvais goût d'imercie
J'essaye de le masquer mais c'est dur Vivi, je te jure ouais, putain c'est dur
J'ai l'impression qu'il y a plus rien, j'ai peur en fait
Depuis que tes yeux me regardent plus, il se passe plus rien
J'ai plus même trop en fait je le sais ouais
Et ça je le vis mal
J'enchaîne les merdes et t'es plus là au final
Il me reste quoi à moi à par des souvenirs, des tonnes de photos usées
Et puis ton sourire trop longtemps figé
J'peux plus, ou plus pareil
Alors chaque jour je me tue même un peu plus que la veille
Et je tue le temps parfois mal,
Là-haut tu le sens, je le sais
Mais tu me manques bébé tu me manques

{Refrain:}

Un ange dans le ciel
Ouais, seigneur accueille un ange de plus
Un ange dans le ciel
Vivi je t'es dis pas adieu mais a plus
Un ange dans le ciel
Un ange de plus
Un ange dans le ciel
Vivi, pour toi j'ai fais pleurer ma plume

Toi et moi on a tout fait
Toujours prête à me donner ton oxygène dans les moments où tu sentais que j'étouffais
T'étais prête à tuer si on me touchait
Prête à décrocher la lune même si je la voulais
On a grandi ensemble, construit ensemble
Traversé les pires moments
Vieillir ensemble c'est c'est ce qu'on voulait même si on était plus ensemble
On s'en foutait c'est ce qu'on visait
Tu te rappelles, nos fous rires, nos premiers instants, ton sourire
Les moments de silence qui voulaient tout dire
Et on pouvait se nourrir l'un de l'autre
Ouais, tellement j'étais toi t'étais moi
Et ça nos proches en étaient témoins
T'étais ma vie, mon coeur et mon sang
T'étais mes tripes mon moteur et mon sens à tout ça
Alors depuis je tue le temps parfois mal et de la haut tu le sens
Je le sais bébé mais tu me manques

{au Refrain}

Qu'est-ce que je peux dire de plus
À par qu'il n'y a pas qu'à moi que tu manques
C'est un gouffre que t'as laissé Vivi
Tu sais qu'aujourd'hui y'a pas que mes nuits à moi que tu hantes
Pour Fatou aussi y'a plus d'été
T'en fais pas Vivi non t'en fais pas
On va relever la tête
Je sais que t'aurais voulu nous voir plus forts
Alors on va faire ce qu'il faut pour s'en remettre
Bébé t'inquiète

{au Refrain, x2}

# Posté le samedi 14 mai 2005 05:40

InTeRvIeW

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é Bruno Lopes le 9 janvier 1966 à Saint-Denis, Kool Shen est une figure historique de la scène rap française, qu'il a durablement aiguillonnée avec son compère Joey Starr au sein du groupe Suprême NTM. Albums, concerts, démêlés avec les autorités, participation au débat public, engagement social, on l'a vu dans tous les coups, dès l'instant qu'il s'agissait d'être le porte-voix des cités. Et puis, le temps a fait son travail de sape : NTM a périclité ­ même si personne, pendant longtemps, n'a voulu officialiser la rupture ­, la mort s'est immiscée, tandis que la flamme vacillait. Au printemps 2004, Kool Shen a publié un premier album solo qui, s'il tient parole, fera aussi figure d'épilogue. Dernier Round a remporté un gros succès commercial. La tournée qui l'a accompagné ­ et qui se prolonge jusqu'aux festivals d'été ­ a été acclamée aux quatre coins du pays. La compta semble à jour, au moment de dresser le bilan.

Il y a quelques semaines, vous annonciez votre retraite. Sans regret ?

A l'époque de la sortie de Dernier Round, je disais déjà qu'il n'y aurait sans doute pas d'autre album, ni tout seul ni avec NTM. Depuis, j'ai eu le temps de réfléchir à la question, et je peux affirmer avec certitude qu'effectivement je ne changerai pas d'avis. A 23 ou 24 ans, on nous demandait si on s'imaginerait encore sur scène comme les Stones, à 50 ou 60 ans. Je suis allé jusqu'à 39, c'est déjà pas mal.

Pouvez-vous imaginer ne jamais plus connaître la sensation de chanter devant 5 000 personnes ?

Très très difficilement. Mais pour tourner, il faut refaire un disque, réenclencher le processus, et ça n'est plus possible. Alors j'espère qu'on m'invitera de temps en temps : dix minutes pour faire le beau, j'arrive en courant.

La pratique du rap induit-elle une limite d'âge pour rester cohérent ?

Le rappeur est en prise directe avec le discours, une énergie qui doit coller à une certaine actualité. On est là pour bousculer les choses. Ça n'est pas forcément une question d'âge, surtout de motivation. Mais dans l'absolu, l'idée de rapper à 50 ans me paraît assez décalée.

Un regard sur l'évolution de la scène française ?

Il y a toujours les merdes, qui sont médiatisées. Mais en face, on croise plein de gens super novateurs, qui viennent de partout, plus seulement de Marseille ou de Paris. Quand on tournait, en 1993-1995, les premières parties étaient parfois un peu légères. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Le rap est devenu un courant musical majeur, bien que restant faiblement représenté dans les médias, avec plein de jeunes à qui je suis content de passer le relais.

En vingt années passées aussi sur le terrain social, pensez-vous que beaucoup de chemin ait été parcouru ?

Pas tant que ça. On nous a souvent qualifiés de provocateurs, avec NTM, mais on disait juste qu'il était temps de s'intéresser aux problèmes de la banlieue, au chômage. Résultat, il y a sans doute encore plus de précarité, de violence et les caméras ne viennent que pour ça. Que l'Esquive ait des césars, ou NTM un disque d'or, c'est bien, mais je ne crois pas que les gens vivent mieux.

Qu'est-ce qui est encore subversif en 2005 ?

N'importe qui, qui passe à la télé et fait preuve d'impertinence, a l'impression de l'être. Mais ceux qui le sont réellement peuvent difficilement en faire un métier. Dès l'instant qu'on intègre un schéma, une structure, ça devient plus compliqué. Le show guette. Dans Dernier Round, il y a une phrase qui dit: «Il suffirait de balancer cash Nique la police plein de démago pour que les foules m'applaudissent.»

Dernier Round» brasse beaucoup d'illusions perdues.

C'était déjà le cas sur le dernier album de NTM. Jeune, j'étais idéaliste, sûrement utopiste, et puis la vie ramène à certaines réalités. Communiste dans l'âme, j'ai cru au meilleur des mondes : une grosse connerie de rêve propre à la jeunesse, qui ne s'est pas réalisé.

Oui, j'aurais voulu être encore avec Joey Starr, en train de faire un album de NTM, en compagnie aussi de DJ S, qui a fait nos premiers sons. Pareil pour les amis : il y a eu des trahisons de ouf, et d'autres personnes, qui n'avaient rien à voir avec le milieu d'origine, sont devenues des potes... Alors, forcément, il y a de la désillusion. On se rend compte que ce sont les forts qui gagnent, tandis que les pauvres le restent. Je peux écrire des morceaux festifs, parce que le hip-hop est une musique de dance floor, c'est d'ailleurs comme ça qu'elle a commencé dans le ghetto, la dimension sociale est venue après. Cependant, la majorité des choses que j'observe m'amènent à constater que ça ne va pas vraiment.

Nostalgique ?

Pas trop, bizarrement. J'ai vécu une adolescence difficile, mais passionnée. Je suis parti très tôt à New York, ça n'était pas donné à tout le monde. J'ai eu des envies, j'ai fait mon parcours, quatre albums, un live avec NTM, on a rempli des Zénith, je ne l'aurais jamais imaginé.

Si demain vous croisez Joey Starr ?

Je pense qu'on aura vraiment du mal à se dire quoi que ce soit. Ce sera ma réponse.

Et l'avenir ?

Côté artistique, je compte poursuivre ce qu'on a commencé depuis 2000 en indépendant avec 4 My People, mon label. Faire du développement avec des jeunes artistes, dont la motivation est belle à voir.

Et puis réussir ma vie familiale. NTM m'a bouffé pas mal de trucs aussi. L'égocentrisme m'a fait louper des choses. Je passe aujourd'hui des moments avec mes parents, que je n'ai pas connus pendant des années. Ma chanson Un ange dans le ciel parle de celle qui a été ma compagne pendant dix ans (Lady V, morte accidentellement en septembre 2000, ndlr) et à qui je n'ai pas su offrir le quart de ce qu'elle a pu m'apporter. Si l'expérience ne sert pas de leçon, ça va être dur. Déjà que je suis un peu long à la détente...

# Posté le dimanche 15 mai 2005 02:18

Modifié le dimanche 15 mai 2005 02:41

KoOlShEn

KoOlShEn
Kool Shen

"Dernier round". Jamais un album n'aura aussi bien porté son nom. Le 22 avril, au Zénith de Paris, à quelques mètres de son fief de la Seine-Saint-Denis, Kool Shen donna son dernier concert. Place aux jeunes, n'arrête-t-il pas de clamer. A 38 ans, le cofondateur du Suprême NTM dépose le micro. Quinze ans de carrière dans le hip hop, pour quelqu'un qui se destinait à devenir footballeur professionnel, c'est déjà pas mal.

Car à quinze ans, Bruno Lopes de son vrai nom est loin d'être un rappeur. Il ne jongle pas avec les mots, mais avec un ballon. Cet enfant issu de l'immigration portugaise est même sélectionné par le Racing Club de Lens, mais renonce à intégrer le centre de formation. Trop de sacrifices.
Deux ans plus tard, il traîne ses baskets place du Trocadéro. Et découvre "un mec qui tournait sur la tête". Révélation. Au même moment, un gars de sa cité, Didier Morville, futur Joey Starr, est dans le même état. Le hip hop va devenir leur vie. Kool Shen sera l'un des premiers à placer une coupole, une des figures de danse les plus difficiles. Il débute aussi ses voyages à New York, qui vont devenir réguliers. Le duo s'initie au graff. La ligne 13 du métro parisien s'en souvient encore. C'est d'ailleurs le long des rails que Bruno Lopes devient Kool Shen. Et que le collectif NTM (pour Nique ta mère...) est créé.

Mais c'est dans la musique que leur talent va éclater. NTM participe aux émissions de Dee Nasty sur Nova à la fin des années 80 et pose un premier titre rageur sur la mythique compilation "Rapattitude" : "Je rap". Ne manque que l'album. Il arrive en 1991 avec "Authentik". Le phénomène des banlieues déboule sur le devant de la scène. Il ne la quittera jamais. Avec "J'appuie sur la gâchette" deux ans plus tard, NTM frappe un grand coup. Maturité des textes, contrôle du flow, samples précis, c'est un des premiers grands albums du rap. En 1995, le rap sort de son ghetto. I Am sort "Je Danse le Mia", NTM sort "Paris sous les bombes" et son tube "La Fièvre". Mais le duo garde toute sa rage.

Fort de son nouveau statut de star, NTM devient par là même une cible plus facile pour ses ennemis. Lors d'un concert, les deux compères reprennent un de leurs refrains : "Nique la police". Les syndicats des hommes en bleu attaquent. Et le duo est condamné à une peine de prison avec sursis et une forte amende. Mais ne recule pas pour autant. Au contraire. 1998 voit l'arrivée dans les bacs de l'album de la maturité, intitulé sobrement "Suprême NTM". Le propos est toujours rageur, mais Kool Shen compose des titres plus graves, tels que "J'Appuie sur la gâchette" ou "That's my People".

La tournée qui s'ensuit se termine malheureusement par la fin du groupe. Quinze ans de vie de couple, à vivre l'un sur l'autre, ça use. Aux frasques de Joey, Kool Shen oppose un retour dans l'ombre salutaire. Il monte sa structure de production, IV My people, en dehors des contraintes des majors, et adopte une ligne aussi dure que dans ses textes. La bête de scène se fait figure paternelle pour encadrer et produire les jeunes talents. En même temps, depuis 1998, il écrit des textes et les garde au chaud. Ce n'est pas encore le moment pour une carrière solo. Il faudra attendre six ans et ce "Dernier Round". Encore plus sombre que le dernier NTM, l'album impose définitivement Kool Shen comme un grand rappeur. Il y parle de lui, de ses problèmes d'alcool et de drogue, de la mort de sa femme. Même si, aujourd'hui, ces douleurs sont derrière lui. Père depuis peu, le Kool Shen nouveau est arrivé. Le hip hop n'est plus sa seule passion. Mais il ne l'abandonne pas pour autant. Il restera désormais à la production, avec son label IV My People. Une place à l'ombre qui lui convient tout à fait. Rideau.

# Posté le dimanche 15 mai 2005 02:44

NtM

NtM
En juin, ils entrent en studio à New York puis à Paris pour la préparation de leur nouvel album. Le 10 février 95 sort le premier simple "Tout n'est pas si facile" extrait de "Paris sous les bombes" qui lui, sort en mars. DJ'S a quitté le groupe et se trouve remplacé par DJ Clyde. Les revendications égalitaires sont toujours aussi présentes et ces faiseurs de rimes urbaines sont toujours aussi subversifs. La production est mieux assurée et le niveau musical, plus élevé. "Tout n'est pas si facile", un titre nostalgique qui raconte les premières années du mouvement hip hop devient le premier tube, suivi par "la Fièvre" qui est programmé sur toutes les radios. Belle revanche pour ceux qui, il n'y a pas si longtemps, étaient boycottés par les médias. Ils vendront en fait, plus de 250.000 exemplaires de l'album. Ils enchaînent ensuite sur une tournée française qui les mènent du Festival du Printemps de Bourges en avril, aux Francofolies de la Rochelle en juillet. Le 9 juin, ils enflamment le Zénith à Paris.

# Posté le dimanche 15 mai 2005 02:56

NtM

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Démêlés avec la justic

La chanson "Police" leur vaut une nouvelle fois de gros ennuis : le 14 juillet 95, les NTM participent au "Rendez-vous de la Liberté" organisé dans le sud de la France à la Seyne-sur-mer par SOS Racisme. Dans la salle, plusieurs policiers s'indignent des propos violents et diffamatoires à leur encontre, précédents la chanson. Le groupe est inculpé pour "outrage à personnes détentrices de l'autorité publique" en mai 96 et condamné en novembre à six mois de prison dont trois mois fermes et une interdiction d'exercer leur métier en France pendant six mois. Après appel, la peine est réduite à deux mois de prison avec sursis et une forte amende. Entre temps, le débat est devenu national : doit-on condamner un groupe qui malgré des propos outranciers, exprime la réalité telle qu'il la voit et rend compte de la violence et du malaise des banlieues.

Après la réalisation d'un remix du morceau "Affirmative Action" avec le rappeur new-yorkais Nas, NTM envisage la production d'un quatrième album. C'est pendant l'été 97 que NTM commence le travail de studio à Puteaux en banlieue parisienne. De nombreux amis passent et donnent directement leur avis, permettant ainsi à Kool Shen et Joey Starr d'avoir un certain retour avant même la sortie effective de l'album, qui a finalement lieu le 21 avril 98. Intitulé sobrement "NTM", il semble refléter une certaine maturation dans le travail des deux rappers. Le simple "Laisse pas traîner ton fils" ou le titre "Pose ton gun" donnent une certaine idée de la nouvelle orientation du groupe qui fait figure maintenant de vétéran du hip hop français

# Posté le dimanche 15 mai 2005 03:00